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huit milliards d’étincelles – discours patriotique de la Fête Nationale 2015 (Brossard)

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Huit milliards d’étincelles

Le Québec, c’est huit milliards d’étincelles dans mes yeux
Et autant de nuances de bleu
Des fjords du Saguenay au Golfe du St-Laurent qui se croit océan
Autant de teintes de vert
Des gazons de banlieue format mouchoir de poches
Aux grandes montagnes des Appalaches qui nous rapprochent du ciel
Huit milliards de teintes et de nuances
Comme autant de couleurs sur les visages dans les rues de Montréal
Pour égayer la grisaille de l’asphalte et des gratte-ciel couleur nuage de pluie

Le Québec, c’est huit milliards d’étincelles dans mes oreilles
Comme autant de métaphores colorées qu’on entend juste ici
Et des « j’ai de la misère »
Et des « laveuses-sécheuses »
Des syllabes tricotées serrées
Avec de temps en temps une maille d’Orient, de la Méditerranée ou des abords de l’Équateur
Et cet accent chantant à nul autre pareil…
Huit milliards d’instruments qui résonnent dans mon pays-orchestre

Le Québec, c’est huit milliards d’étincelles parfumées
L’odeur mentholée des grands sapins du Nord
Les effluves presque marines de la Gaspésie et des Îles
Les parfums de grillades des rues de notre métropole estivale
Ou ceux, piquants, des deux de feuilles mortes en automne
Huit milliards de senteurs à chaque changement de saison

Le Québec, c’est huit milliards d’étincelles sur ma langue
Le fromage chantant qui fond sur la poutine
Ou celui confectionné avec art dans le silence de nos Abbayes
Le goût salé d’un bon smoke meat de chez nous
Celui, acidulé, d’une pomme Montérégienne
Ou bien sûr, le nuage de lait qu’on déguste sur un capuccino qu’on nous sert dans la Petite Italie

Le Québec, c’est huit milliards d’etincelles sur ma peau
Comme autant de frissons de fierté
Pour ces hommes et ces femmes qui, depuis si longtemps
Bâtissent un Québec en Français
Et défendent leur langue avec passion et ardeur
Pour que le Français se parle, se slam et se chante
Huit milliards d’étincelles dans mon coeur
Pour NOTRE Québec que j’aime d’amourHuit

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La fille jetable

Toi, qui te regardes dans la glace

Les épaules rentrées, la tête basse

La fille toute simple, sans paillettes et sans strass

Toujours prête s’effacer, à céder sa place

Tu regardes ton corps d’un œil implacable

Tes seins interchangeables et ton cul potable

Tes yeux si déchiffrables, MAIS tes lèvres capables

De leur procurer des orgasmes formidables!

Tu te dis fille jetable, consommable, à-valoir

Un peu moins qu’une amie, à peine faire-valoir

Celles qu’ils baisent dans le noir, presque sans voir

Pour leurs envies d’hommes, un déversoir

C’est toi qu’ils appellent, ils savent que tu vas répondre

Quand leur solitude se fait trop profonde

Quand ils s’ennuient trop de leurs blondes

Quand dans leur luxure, ils s’inondent

Ils ont compris que leur désir te fait fondre

Je le sais, moi, que t’es pas vraiment une ‘fille facile’

Que malgré ta silhouette gracile, ton corps agile

Tu caches très mal ton cœur trop fragile

Et que tu demandes qu’à t’accrocher au moindre fil

Au moindre regard tendre,à la moindre parole gentille

Je le sais, moi, que tu souffres de leurs abandons

Que t’en as assez de revivre toujours la même défection

De noyer dans le vin blanc cheap toutes tes déceptions

D’avoir espéré qu’ils t’aient aimée pour ta conversation

Pas juste ton corps dans le feu de l’action

Je le sais que tu souffres, mais c’est presque qu’avec délectation

Parce que d’une fois à l’autre, ça finit par te donner raison

Ça renforce toutes tes convictions, et même ta pauvre opinion

Que tu seras jamais reine, tout juste un petit pion…

Et tu voudrais donc les brûler de quelques escarbilles

Et tu voudrais donc les laisser couler, tes larmes de petite fille

Comme de l’eau salée sur le dos de tous ces connards

Ces dos sur lesquels tu fais tes griffes, tes dents, sans laisser d’escarres

Sur les cœurs de plume de ces hommes ailés qui te gardent pour plus tard

J’espère juste qu’un jour, celui qui va te vouloir

Un peu plus fort que les autres, pour plus qu’un soir

Ne se contentera pas de t’aimer dans le noir

Et en pleine clarté, t’offrira son miroir

J’espère juste que ce jour-là, tu voudras bien regarder

Car si les yeux sont le miroir de l’âme

Et si la beauté est dans l’œil de celui qui regarde

Prends garde!

Choisis mieux les yeux dans lesquels tu te mires…

Performé en 2e ronde le 12 janvier à slamontreal pour une qualification en demi-finales!

Pour faire une histoire courte…

On s’aperçoit
On s’approche
On s’apprivoise

On s’anime
On s’alimente
On s’aimante
On s’arrime

On s’embrasse
On s’embrase
On s’enlace
On s’entrelace

Et puis…
On s’en lasse
On se délaisse
On se laisse partir.

Fin

De l’autre côté du lit (Nouvelle)

L’autre côté du lit

 

Il vient tout juste de partir. Le côté gauche du lit – celui du cœur – d’ordinaire si froid, est encore tout chaud. Combien de temps avant que cette chaleur disparaisse? Vingt minutes et l’illusion sera dissipée. Dans vingt minutes, il aura terminé de traverser la ville et vous vous préparerez à souper ensemble dans votre condo de l’Ouest de l’île. Il m’arrive de plus en plus souvent de songer à ce quotidien qu’il partage avec toi, duquel je me sens exclue.

Avant, je ne pensais jamais à toi. C’est seulement depuis ce fameux matin, celui où je t’ai croisée dans l’ascenseur, que tu me hantes. C’était une rencontre somme toute plutôt banale. Lumière glauque réfléchissant sur les portes en stainless. Odeur de café. La voix de Bertrant Cantat dans mes oreilles, ‘’s’il arrive qu’un anglais vienne me visiter…’’. Quelles paroles de circonstance. J’ai retenu la porte pour que tu puisses entrer et j’ai lu un merci sur tes lèvres. Betrand Cantat me parlait maintenant de sérénité, une sérénité que j’étais loin d’incarner à ce moment précis. Cette rencontre, dont tu ne dois pas te souvenir, m’a bouleversée au point de m’obliger à sauter cette chanson quand j’écoute mon disque de Noir Désir.

Dans l’ascenseur, tu me faisais face. Le choc. J’ai reconnu tes longs cheveux roux et j’ai entendu la fille qui était avec toi prononcer ton nom. Je ne t’avais jamais vue avant, mais une collègue àa moi t’avait si bien décrite. J’ai su tout de suite que c’était toi, et j’ai vacillé sentant que je me décolorais jusqu’à la transparence. C’est vrai, Mélanie, que tu es très belle. Il était à peine huit heures, trop tôt pour ce genre d’émotions. J’avais l’impression que la cage d’ascenseur se rétrécissait, créant une oppressante proximité entre toi et moi alors que j’aurais tant voulu te fuir. J’ai fermé les yeux, à la fois pour ne plus te voir et pour chasser la nausée qui m’avait assaillie, probablement pas à cause de cette écoeurante odeur de café qui flottait dans l’espace restreint où nous étions confinées. C’était donc toi.

Depuis ce matin du treize octobre deux mille quatre, mon bonheur et mon malheur se sont mis à dépendre de toi. C’était déjà le cas avant, mais j’arrivais encore à l’ignorer. Tu n’étais pas encore couverte de ce vernis de réalité qui t’habille depuis ce matin-là. Depuis cette minute précise, chaque fois que je l’embrasse, lui, je te vois, toi. Je ne peux plus dissocier ton visage de mes moments d’intimité avec lui. Le pire, c’est que depuis cette fameuse rencontre, je ne peux pas m’empêcher d’imaginer ce que doit être votre vie à deux,

Ce soir, après qu’il t’ait préparé à souper, tu feras la vaisselle. Vous écouterez peut-être la télé au poste anglais – on n’écoute pas Virginie quand on marie un anglais. Vous écouterez aussi les nouvelles, en bon petit couple moderne qui se sent concerné par le sort du monde. Après, il se fera tard, et vous travaillez demain. Il te fera peut-être couler un bain, juste pour avoir le plaisir de te laver le dos. C’est son genre. Tu le rejoindras ensuite dans votre lit et vous ferez l’amour d’une manière qui ne ressemble en rien aux ébats assoiffés qu’il me réserve. Il te dira qu’il t’aime entre deux coups de hanches, caressera tes cheveux roux quand ce cera fini. Aura-t-il pensé à moi en te chevauchant? Peu probable, il a choisi une maitresse qui n’a rien en commun avec toi. Tu enfileras un pyjama à la mode, camisole pastel, pantalon au ruban de soie à la taille et vous vous endormirez collé collé pendant que je ferai semblant de ne pas le chercher dans mon lit dont le côté gauche sera devenu glacial.

J’imagine votre condo aussi bien décoré qu’une page couverture des Idées de ma maison. Des tons chauds sur les murs, un mobilier confortable qui donne dans les beiges, bref, un intérieur accueillant. Votre salle de bain est ensoleillée, il y a une énorme baignoire sur pattes en plein milieu et un grand miroir devant lequel tu te fais belle le matin. Votre chambre est immense, toute blanche, et votre lit prend toute la place. Rideaux de mousseline aux fenêtres qui séparent votre amour du reste du monde. Couette immaculée, jeté rouge vin pour réchauffer vos pieds la nuit. La pièce à côté est presque vide.Tu l’utilises comme bureau, mais elle est essentielle en prévision de l’enfant que vous aurez bientôt, du moins l’espères-tu. Qui sait si tu n’as pas déjà arrêté de prendre la pilule? Alors tu t’endormiras en pensant que vous avez peut-être conçu cet enfant dont vous rêvez.

Ici, moi, je me relèverai et referai le lit. Je trouverai l’enveloppe de condom qui te garantira l’exclusivité des enfants qui auront son nez. Je me rhabillerai et ne me sentirai pas le courage de cuisiner pour moi seule. Je passerai ma veste de cuir, sortirai de mon logement, descendrai les quatre étages et me rendrai à l’épicerie du coin pour acheter n’importe quel mets préparé pour emporter. Je reviendrai ici et mangerai seule, en fixant ma laveuse-sécheuse. Je laverai mon assiette, me ferai couler un bain. J’allumerai des chandelles, mettrai beaucoup beaucoup de mousse et me raconterai à quel point je relaxe, combien je suis bien toute seule. J’utiliserai mon gratte-dos à défaut de ses mains. Je me mettrai au lit, mon cellulaire sur la table de nuit, attendant son message texte. Tout de suite après que les mots ‘’good night sweetie’’ ou ‘’sweet dreams baby’’ se seront affichés sur l’écran de l’appareil, je pourrai m’endormir, ayant soudoyé le chat à grand coups de Minouches au thon pour qu’il vienne dormir contre mon ventre.

Évidemment, votre condo et votre emploi du temps de ce soir sortent tout droit de mon imagination, mais depuis que je t’ai vue ce matin-là, il m’arrive souvent de me demander à quoi ressemble votre vie à deux, et même, à quoi ressemble la vie à deux, point. À mon propre étonnement, d’ailleurs, car c’est un type de vie dont je n’ai jamais voulu, du moins pas pour tout de suite. Je me demande quand même si, moi, je serais heureuse dans ce condo aux tons chauds de l’ouest de l’Île, si cette vie en apparence exemplaire ferait mon bonheur. Je dis ‘’en apparence exemplaire’’, car je suis le témoin privilégié des failles qu’il contient. Du moins, plus que toi… Si c’était moi à ta place, qui dormais dans cette chambre blanche, lui suffirais-je?

La seule chose que je sais, c’est que maintenant, malgré tout l’amour que je porte à mon amant, je ne pourrais en prendre ni en donner plus. Par contre, Mélanie, si tu savais comme je ne dirais pas non à une nuit complète avec lui, avec petit déjeuner inclus.

Courants d’air

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Il faut savoir fermer les portes
Même si tu les franchis toute fuite
Comme si tu voulais être déjà
De l’autre côté

Ne néglige pas les courants d’air
Ils alimentent les bourrasques
Au plafond, la nuit, si je ne dors pas

Ce qui reste dans l’interstice flotte
Autour du lit

Il faudrait faire taire les averses
Les ondées trop chaudes
Le tonnerre, l’odeur de terre mouillée

Il faut laisser les orages dehors
Toujours
Fermer
La
Porte.

François

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François, j’essaie, à chaque rendez-vous
D’arriver pile à l’heure
(Même si avec le désir
Il est toujours trop tard)
Mais jamais je n’arrive à tomber pile
François, je ne sais pas tomber
Tu sais, seulement perdre pied
Et me rattraper, dure, sèche
Toujours trop raide
Pour accepter la chute

François, tu sais, je ne peux pas rester
Résister, j’ai essayé, encore et encore
Je t’ai quitté plus d’une fois,
Au matin, sur ces mots:
« Je ne reviendrai pas, tu sais? »
Que j’ai murmuré sur tes lèvres
Dans le langage des amants
Et tu n’as rien entendu.

François, j’ai essayé
D’égratigner les souvenirs
Ceux qui t’embellissent
Pour qu’ils soient moins lisses
Qu’ils se ternissent
J’ai mordu ma mémoire au sang
Mais il me faut toujours me rappeler
Qu’il faut t’oublier, ne faire que ça
À coeur de jour, et plus encore la nuit.

François, j’essaie, encore, le refus
Je connais la reddition par coeur
Une fois de plus, une fois de trop
Où je n’ai pas su flotter
Au dessus de ce corps
Fendu sous le poids du désir.

François, tu sais, la déchirure
Se fera sans nous
Tu n’y seras plus
Et je n’y suis jamais
Que de la pointe des pieds.
(Tu n’as jamais senti mon poids, ma lourde fragilité, mes contours trop tranchants).

François, mon corps, oui, douloureusement, jusqu’à la lie tu peux le consommer
Me boire, me dévorer
Et je me tiendrai en plein centre
Du mot douleur, pour courber les lignes droites
Pour que ça reste doux quand même
(Jusqu’à ce que mal s’ensuive lorsque tu quittes le lit).

François, mon âme ne sera jamais à toi
J’ai perdu la clé qui ouvre mes silences
Et même mes yeux se taisent trop souvent, devant nos évidences contraires.

François, l’amour, moi, je ne sais pas Autrement qu’en l’offrant par petites doses
(Par éclaircies. Trop de soleil, ça fait pleurer mes yeux.)

Non, l’amour et moi, François
On ne se sait pas
Je ne connais rien d’autre que cette poignée d’adieux
comme autant d’abandons lancés à ta fenêtre.

Ferme la lumière

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Ferme les lumières
Dans tes yeux, il fait trop clair
Et je ne veux pas te laisser lire
Entre les lignes de mes paupières
Il reste toujours un trait, bien lisible
À la commissure de mes yeux
Un trait qui sussure à mon insu
Ces choses qui restent à taire
Que je terre
Que j’enterre…

Gabrielle Tremblay #prose

Vitrine sur mes oeuvres, prose éclectique, douceurs et brutalités. Contient des éléments qui pourraient ne pas convenir à tout le monde.

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