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François

Publié le

François, j’essaie, à chaque rendez-vous
D’arriver pile à l’heure
(Même si avec le désir
Il est toujours trop tard)
Mais jamais je n’arrive à tomber pile
François, je ne sais pas tomber
Tu sais, seulement perdre pied
Et me rattraper, dure, sèche
Toujours trop raide
Pour accepter la chute

François, tu sais, je ne peux pas rester
Résister, j’ai essayé, encore et encore
Je t’ai quitté plus d’une fois,
Au matin, sur ces mots:
« Je ne reviendrai pas, tu sais? »
Que j’ai murmuré sur tes lèvres
Dans le langage des amants
Et tu n’as rien entendu.

François, j’ai essayé
D’égratigner les souvenirs
Ceux qui t’embellissent
Pour qu’ils soient moins lisses
Qu’ils se ternissent
J’ai mordu ma mémoire au sang
Mais il me faut toujours me rappeler
Qu’il faut t’oublier, ne faire que ça
À coeur de jour, et plus encore la nuit.

François, j’essaie, encore, le refus
Je connais la reddition par coeur
Une fois de plus, une fois de trop
Où je n’ai pas su flotter
Au dessus de ce corps
Fendu sous le poids du désir.

François, tu sais, la déchirure
Se fera sans nous
Tu n’y seras plus
Et je n’y suis jamais
Que de la pointe des pieds.
(Tu n’as jamais senti mon poids, ma lourde fragilité, mes contours trop tranchants).

François, mon corps, oui, douloureusement, jusqu’à la lie tu peux le consommer
Me boire, me dévorer
Et je me tiendrai en plein centre
Du mot douleur, pour courber les lignes droites
Pour que ça reste doux quand même
(Jusqu’à ce que mal s’ensuive lorsque tu quittes le lit).

François, mon âme ne sera jamais à toi
J’ai perdu la clé qui ouvre mes silences
Et même mes yeux se taisent trop souvent, devant nos évidences contraires.

François, l’amour, moi, je ne sais pas Autrement qu’en l’offrant par petites doses
(Par éclaircies. Trop de soleil, ça fait pleurer mes yeux.)

Non, l’amour et moi, François
On ne se sait pas
Je ne connais rien d’autre que cette poignée d’adieux
comme autant d’abandons lancés à ta fenêtre.

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"

  1. J’ai lu dans cette lettre ouverte à François, un texte d’une très grande densité émotionnelle, la sentimentalité mise dans les mots est authentique, cela sonne vrai !

    Réponse

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