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Archives de Catégorie: Poésie

Le TEMPS

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J’en veux au temps. J’en veux aux moments si mal choisis, aux secondes perdues en  »et si.. », en hésitations. Et si… et puis non.

Et puis, il a le dos large, le temps, pas moyen de lui casser les reins. Il passe, se déverse, comme une averse sous les ponts toujours trop longs qu’on a jetés entre nos saisons contraires.

J’en veux au silence, aussi. À mes phrases qui meurent avant le temps, dont la fin n’est que chuchotée au fond de soi,  à toutes les choses que j’étouffe sous mes poings de suspension que je presse au bord de mes lèvres. Je dissimule les corps derrière un sourire.

J’en veux au silence des yeux que je ferme de temps en temps pour qu’ils se taisent, eux aussi, et aux lampes qu’on éteint pour être certains que les regards disent plus rien. La noiceur et le silence sont proches parents.

J’en veux à l’envie, aussi. Celle qui tord et qui tend. Celle qui trop embrase et mal éteint, qui presse, doucement sur le temps…

 

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FAUDRAIT

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Faudrait que j’écrive un poème mais tous mes beaux mots sont au lavage.

J’ai essayé de les laver avec mes larmes mais ça ressort orange pâle comme des taches de sauce tomate sur mon chandail blanc.

Alors, pour ne pas me montrer en public avec mes mots sales pas javelisés, je les ai tous avalés. En même temps. Mais ça fait une boule dans la gorge qui essaie de me sortir par les yeux. Une boule de rien qui goûte la tomate et qui me colore les joues. Couleur Bronzée-pas-exfoliée. Pour chasser le goût de tomate qui ressemble étrangement à celui de la peine, j’ai mis plusieurs feuilles d’assouplissant.

Ça n’assouplit rien.

N’assoupit rien.

Sauf que quand la tristesse transpire dans les soupirs, elle a une haleine de Downy en feuille, elle se donne des airs de brise printanière, on y croirait presque.

Faudrait que j’écrive un poème, entre deux brassées de lavage.

Rebours

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Nue et sans frissons dans tes choses à défaire

Je t’attends parmi les fragments

Entre les éclats de nous, les choses brisées

Les débris qu’il faut débriser , retrouver

L’origine, les côtés lisses sans fêlures

Les moments sans craquelures, sans larmes

Les moments d’avant.

Alors qu’il y a tant à faire, de mots tombés

À taire pour défroisser l’attente

Je chiffonne nos silences

Et les lance par la fenêtre

Je les écoute se fracasser sur le béton

Détrempés

Tant de bruits de chute

Là, en bas

En attendant la suite

En attendant qu’il ne reste plus rien.

 

Qu’elle est lourde cette patience à rebours…

Rouge

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Nos nuits n’auront pas de couleur ni de poids. Nos nuits seront un espace intangible où rien ne bougera, sauf le temps qui s’enfuiera à petits pas sur ses escarpins écarlates.

Les aiguilles de la montre rouge prendront le poids exact de nos insomnies. Nous nous dirons des choses futiles, comme ‘’nous ne serons jamais âmes-soeurs si nos veines sont d’encre, dessinées sur la blancheur de la fin de la nuit’’. Nous serons poétiques, nos mots seront beaux mais que pèseront-ils une fois lancés dans l’air nocturne?

Nous ne ferons pas d’omelettes sans casser des oeufs, et nous ne deviendrons pas âmes-lettres sans se crever un peu les yeux, ce sera tout comme sauf que je le jaune saignera rouge et ça tachera l’aube, en son milieu.

Je te loverai dans le nid-de poule que j’ai dans le ventre et tu couveras mes coquilles qui n’ont enfanté que le vide.  Tu prendras tout ce qu’il n’y a pas à prendre et je ne dirai rien.  N’écrirai rien.

Le silence sera indélébile sur fond rouge.

Les plus et les moins

J’suis pu capable de t’entendre.

Pu capable de t’entendre t’étendre sur tes grandes analyses

Comme si ta vie, c’était un livre comptable

Des plus, des moins, toujours  plus de moins pis  moins de plus

J’en peux pu de tes déficits de bonheur, tes pénuries de joie, pis de tes surplus de peine

Il serait peut-être temps, pour que ton inventaire balance que je te réapprenne à compter :

Compte pas tes rides, c’est dérisoire, au lieu de ça, conte-moi ton histoire

Dis-moi quels bonheurs, quels souvenirs ont creusé les lignes de ton sourire

Ce que la trame de ton destin a dessiné sur ton visage,

Pour te tricoter une nouvelle beauté avec le  fil des années

C’est ça que je vois quand je te regarde…

Compte pas tes calories conte-moi plutôt encore la fois, au resto…

Ce souper bien arrosé où le monde se décousait, maille après maille

Et se revirait à l’envers, verre après verre

Parle-moi du meilleur homard que t’as mangé

Est-ce qu’il goûtait le ciel ou ben la mer?

Laisse la balance faire son décompte et count your blessings!

Je veux t’entendre  compter tes grâces, PAS  tes matières grasses!

Compte pas tes sous, ce qu’il t’en rest,

Contente-toi pas de contempler tes dettes

On oublie souvent, dans le calcul de la richesse

La vie elle-même et toutes ses largesses

L’argent ça sent rien, c’est pas moi qui l’invente

Mais les souvenirs heureux, eux, ont une odeur

L’odeur d’un printemps qui explose en fleur

Les notes salées d’un front de mer,

Ou celles, douces-amères, du cou d’un nouveau né

Quand l’argent se sera envolé, c’est ces parfums-là qui vont rester

Au lieu de compter tes bobos pis tes malaises

Conte-moi les  fois où t’as eu le souffle coupé

Compte les battements que ton coeur a sautés

Ou, dans ton ventre, les caresses ailées de tous ces papillons carnivores

Rappelle-toi la  fièvre , la brûlure au corps

Que même l’eau fraîche pouvait pas éteindre

On a tous déjà pensé qu’on pouvait mourir d’amour

Avant de se rendre compte qu’il valait mieux en vivre

Au lieu de compter tes ennemis, compte plutôt sur tes amis

Même si pour ça t’as juste besoin des doigts d’une seule de tes mains

Laisse-moi enlever de ton dos les couteaux que d’autres ont planté

Ça fera  de la place pour y déposer, une caresse, une claque, une marque d’amitié

En bout de ligne, c’est  le toucher le plus léger qui devrait laisser la trace la plus profonde…

Conte-moi le dernier rêve que t’as fait, ton dernier voyage au pays des merveilles

Au lieu de compter tes heures de sommeil, les moutons, ou tes minutes d’insomnie

Et si le repos  pis même les rêves te fuient, appelle-moi!

on comptera les étoiles ensemble

On finira peut-être par désapprendre à compter et réapprendre à rêver

Que le ciel c’est comme les chiffres, ça s’étend à l’infini,

C’est nous qui avons inventé les limites…

Ça se peut que ça fasse mal

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Ça se peut que ça fasse mal…

 

Nos mots pleins d’épines,

Nos effleurements, nos mots fleurs-de-peau

Nos amours de papier, de papier sablé

Nos murmures effrités qui s’émiettent et tombent

Sur le plancher trop froid

Et on s’empresse de balayer ça

Sous le tapis pour que ça ait l’air propre

 

(Que c’est donc beau de se réduire en poussière)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

 

Nos caresses douloureuses,

Nos mains gant-de-crin

Et les sillons roses qui nous recouvrent le corps

Les blessures qu’on s’écrit à quatre mains sur la peau

Et qu’on s’empresse d’effacer d’un coup de langue

Pour que ça reste lisse et que ça laisse pas de marques

Les billes écarlates qu’on lèche en silence

Pour que les draps restent blancs

 

(Que c’est donc grand de s’écorcher vifs)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

 

Nos incendies étouffés sous la couverture

Nos brulûres tatouées sur les lèvres

Nos souffles qui s’embrassent,

Les phrases qui s’embrasent et les tisons

qui se déposent sur nos visages

La suie sur la langue, les yeux qui pleurent

La fumée emprisonnée dans nos cages thoraciques

 

(Qu’on est donc tragiques avec nos cicatrices)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

 

Et le froid aussi, ça peut brûler,

Quand il s’insinue entre nous,

Quand ses flammes transparentes nous lèchent

Sournoisement la peau

Et nous pénètre jusqu’aux os,

Jusqu’au coeur

Et fraie son chemin jusqu’à l’âme

Si creux que le corps de l’autre

Ne peut plus nous réchauffer

Et que nos frottements désespérés

Ne rallument plus rien

Pour redonner vie à notre pauvre amour

Qui a froid aux mains

 

(Et on dit que mourir de froid, c’est comme s’endormir…)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

 

Ce lit qui se transforme en champ  de bataille,

Lieu de tous les carnages,

De tous les combats de nos amours boueuses

Ta peau entre mes dents (victoire étalée sur une blessure)

Mon sang sur les lèvres (tes représailles mordantes)

Les trahisons qu’on s’enfonce tour à tour entre les omoplates

La fin des hostilités n’attend que le bruit de la chute d’un corps

 

(Qu’on est donc nobles avec nos blessures de guerre)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

Parce qu’elle finit toujours par survenir

Un jour, une nuit, quand on ne l’attend plus

La désertion…

La traversée du désert, en solitaire,

La soif qui goûte le fer,

Respirer l’enfer, recracher de l’air

La tempête de sable au fond de la gorge,

La larme salée qui apaise à peine

La langue craquelée,  la plainte silencieuse

Une main tendue, supplique inutile

 

(Qu’on est donc petit devant un désert à avaler)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

 

Nos amours tragironiques

Ça se peut que ça fasse mal,

Mais t’en mourras pas.

 

*SLAM performé le 9 août au Café Bloom, dans le cadre de la soirée PSAUME, animée Par Marjolaine Robichaud et Yvon Jean.

Ça se peut que ça fasse mal (slam, extrait)

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Ça se peut que ça fasse mal

Nos mots pleins d’épines,
Nos effleurements, nos mots fleur-de-peau
Nos amours de papier,  de papier sablé
Nos murmures effrités qui tombent en miette
Sur le plancher trop froid, qu’on s’empresse de balayer
Sous le tapis pour que ça ait l’air propre

(Que c’est donc beau de se réduire en poussière)

Ça se peut que ça fasse  mal

Nos caresses douloureuses aux mains gants –de- crin
Et les sillons roses qui nous recouvrent le corps
Les blessures qu’on s’écrit  à quatre mains sur la peau
Et qu’on s’empresse d’effacer,  d’un coup de langue
Pour que ça reste lisse
Et que ça laisse pas de marques
Les billes écarlates qu’on lèche en silence
Pour que les draps restent blancs

(Que c’est donc grand de s’écorcher vifs)

Ça se peut que ça fasse mal…

Gabrielle Tremblay #prose

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