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Ça se peut que ça fasse mal

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Ça se peut que ça fasse mal…

 

Nos mots pleins d’épines,

Nos effleurements, nos mots fleurs-de-peau

Nos amours de papier, de papier sablé

Nos murmures effrités qui s’émiettent et tombent

Sur le plancher trop froid

Et on s’empresse de balayer ça

Sous le tapis pour que ça ait l’air propre

 

(Que c’est donc beau de se réduire en poussière)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

 

Nos caresses douloureuses,

Nos mains gant-de-crin

Et les sillons roses qui nous recouvrent le corps

Les blessures qu’on s’écrit à quatre mains sur la peau

Et qu’on s’empresse d’effacer d’un coup de langue

Pour que ça reste lisse et que ça laisse pas de marques

Les billes écarlates qu’on lèche en silence

Pour que les draps restent blancs

 

(Que c’est donc grand de s’écorcher vifs)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

 

Nos incendies étouffés sous la couverture

Nos brulûres tatouées sur les lèvres

Nos souffles qui s’embrassent,

Les phrases qui s’embrasent et les tisons

qui se déposent sur nos visages

La suie sur la langue, les yeux qui pleurent

La fumée emprisonnée dans nos cages thoraciques

 

(Qu’on est donc tragiques avec nos cicatrices)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

 

Et le froid aussi, ça peut brûler,

Quand il s’insinue entre nous,

Quand ses flammes transparentes nous lèchent

Sournoisement la peau

Et nous pénètre jusqu’aux os,

Jusqu’au coeur

Et fraie son chemin jusqu’à l’âme

Si creux que le corps de l’autre

Ne peut plus nous réchauffer

Et que nos frottements désespérés

Ne rallument plus rien

Pour redonner vie à notre pauvre amour

Qui a froid aux mains

 

(Et on dit que mourir de froid, c’est comme s’endormir…)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

 

Ce lit qui se transforme en champ  de bataille,

Lieu de tous les carnages,

De tous les combats de nos amours boueuses

Ta peau entre mes dents (victoire étalée sur une blessure)

Mon sang sur les lèvres (tes représailles mordantes)

Les trahisons qu’on s’enfonce tour à tour entre les omoplates

La fin des hostilités n’attend que le bruit de la chute d’un corps

 

(Qu’on est donc nobles avec nos blessures de guerre)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

Parce qu’elle finit toujours par survenir

Un jour, une nuit, quand on ne l’attend plus

La désertion…

La traversée du désert, en solitaire,

La soif qui goûte le fer,

Respirer l’enfer, recracher de l’air

La tempête de sable au fond de la gorge,

La larme salée qui apaise à peine

La langue craquelée,  la plainte silencieuse

Une main tendue, supplique inutile

 

(Qu’on est donc petit devant un désert à avaler)

 

Ça se peut que ça fasse mal…

 

Nos amours tragironiques

Ça se peut que ça fasse mal,

Mais t’en mourras pas.

 

*SLAM performé le 9 août au Café Bloom, dans le cadre de la soirée PSAUME, animée Par Marjolaine Robichaud et Yvon Jean.

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