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Archives de Tag: poème

FAUDRAIT

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Faudrait que j’écrive un poème mais tous mes beaux mots sont au lavage.

J’ai essayé de les laver avec mes larmes mais ça ressort orange pâle comme des taches de sauce tomate sur mon chandail blanc.

Alors, pour ne pas me montrer en public avec mes mots sales pas javelisés, je les ai tous avalés. En même temps. Mais ça fait une boule dans la gorge qui essaie de me sortir par les yeux. Une boule de rien qui goûte la tomate et qui me colore les joues. Couleur Bronzée-pas-exfoliée. Pour chasser le goût de tomate qui ressemble étrangement à celui de la peine, j’ai mis plusieurs feuilles d’assouplissant.

Ça n’assouplit rien.

N’assoupit rien.

Sauf que quand la tristesse transpire dans les soupirs, elle a une haleine de Downy en feuille, elle se donne des airs de brise printanière, on y croirait presque.

Faudrait que j’écrive un poème, entre deux brassées de lavage.

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Rebours

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Nue et sans frissons dans tes choses à défaire

Je t’attends parmi les fragments

Entre les éclats de nous, les choses brisées

Les débris qu’il faut débriser , retrouver

L’origine, les côtés lisses sans fêlures

Les moments sans craquelures, sans larmes

Les moments d’avant.

Alors qu’il y a tant à faire, de mots tombés

À taire pour défroisser l’attente

Je chiffonne nos silences

Et les lance par la fenêtre

Je les écoute se fracasser sur le béton

Détrempés

Tant de bruits de chute

Là, en bas

En attendant la suite

En attendant qu’il ne reste plus rien.

 

Qu’elle est lourde cette patience à rebours…

Ça se peut que ça fasse mal (slam, extrait)

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Ça se peut que ça fasse mal

Nos mots pleins d’épines,
Nos effleurements, nos mots fleur-de-peau
Nos amours de papier,  de papier sablé
Nos murmures effrités qui tombent en miette
Sur le plancher trop froid, qu’on s’empresse de balayer
Sous le tapis pour que ça ait l’air propre

(Que c’est donc beau de se réduire en poussière)

Ça se peut que ça fasse  mal

Nos caresses douloureuses aux mains gants –de- crin
Et les sillons roses qui nous recouvrent le corps
Les blessures qu’on s’écrit  à quatre mains sur la peau
Et qu’on s’empresse d’effacer,  d’un coup de langue
Pour que ça reste lisse
Et que ça laisse pas de marques
Les billes écarlates qu’on lèche en silence
Pour que les draps restent blancs

(Que c’est donc grand de s’écorcher vifs)

Ça se peut que ça fasse mal…

Poupée de porcelaine

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Tu me parlais des femmes.

 

Tu me disais qu’elles, et elles seules,

Savent incendier  leurs chevelures,

Et ont appris aux lucioles à danser sous leur peau.

 

Elle laissent rebondir toutes les nuances de leurs rires

Sur les murs trop blancs de ta chambre

Et font tambouriner les rayons de lune

Sur leurs poitrines mélodieuses.

 

Et leurs yeux crachent des escarbilles

Bleues, vertes, et dorées aussi,

Où se reflètent leurs bouillonnements

Leurs désirs, leurs éclats,  leurs explosions.

 

Car c’est connu, les femmes ont des désirs

Et les poupées n’en ont que les reflets.

 

Pourtant, tu restes là,

À fixer la poupée de porcelaine

Debout, fragile, sur son plancher

Qui penche un peu.

 

Sa robe grise est faite de mots tendres déchirés

Et sa chevelure a le goût de la cendre

Son oeil rouillé est figé dans une attente paisible

Et la poussière scintille sur ses lèvres blêmes.

 

Vois-tu les toiles d’araignées que l’ombre de ses cils

Tisse délicatement sur ses joues?

Et ses paupières, fardées de ce noir que l’on broie parfois?

 

Si  tu t’approches, tu verras les fines craquelures

Laissées par un doux éclatement intérieur sur son visage,

Qui ressemblent à s’y méprendre

À nos propres cicatrices.

 

Elle te fixe, en retour, mélancolique,

Drapée dans ses artifices tranquilles

Et cette beauté triste qui touche (un peu)

Car c’est connu : les poupées peuvent toucher;

Seules les femmes savent marquer.

 

Oui, c’est connu : les poupées, on les admire;

Ce sont les femmes que l’on désire.

La nostalgie a commencé son shift de nuit II

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II

 

Les minutes s’allongent à mes côtés . Aujourd’hui s’applique à mourir pour faire naître un nouvel hier sans toi. Demain se tient dans l’embrasure de la chambre. Demain sera cette lueur bleutée qui coule sous les fenêtres. Demain aura la longueur de tes bras. Demain sera tout un avenir sans toi.

Aujourd’hui est un interstice de plus entre nous, un jour de plus à ajouter aux longueurs de ton absence. Combien d’aujourd’hui à la fenêtre à regarder la pluie creuser des rides sur ces paysages sombres que tu ne regardes plus? Combien d’aujourd’hui à attendre qu’un demain chasse le gris de ton ciel et ramène enfin les couleurs d’un hier à la mer où nous laissions le soleil sur nos épaules? Combien d’hier et d’aujourd’hui à additionner pour arriver à nous? 

Défi créatif proposé par Yannick Wolfe

(Page facebook La voix Lavoie)

Thème, demain, l’avenir en trois temps.

 

 

Petite survie

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Marcher.

Je ne longe plus les murs depuis longtemps. Ce sont eux qui me rasent. Murs de lames, de larmes, de lamentations sourdes. Et ça se rapproche, se referme sur moi, je le vois, je les sens, ces rebords acérés qui me frôlent et je ne sais plus les esquiver et je ne sais plus la peau de la plaie. C’est à moi qu’ils se frottent mais c’est moi qui s’y pique, s’y coupe, s’y saigne à toutes les veines.

 

Avaler.

 

Je ne desserre plus les lèvres. Elles forment ce fil blême qui suture mes silences. Au matin, derrière cette bouche tirée, je m’éveille et je mâche mes dents. Les avale au déjeuner, et les mots avec. Et ça crisse. Crisse que ça résonne. Et ça passe entre deux lampées d’acide, tous ces maux à digérer qu’on repousse vers le fond de l’estomac.

 

Voir. Entendre.

 

Les bras qui font des arabesques pour chasser les p’tites mouches noires devant mes yeux. Les corps flottants volettent autour de mes pupilles, des acouphènes pour le regard, pis parlons-en des acouphènes, le bourdonnement dans les oreilles que ça fait quand ça te vole autour du visage, et  ça fourmille dans les tympans.  Et  t’entends plus rien, tout vient de loin, les voix, les sons, sauf le maudit bourdonnement, lui, il est en dedans.

 

Penser.

J’essaie de fermer les yeux, aussi. Fuir le bombardement d’images anarchiques qui s’impose en visions stroboscopiques sous la rétine. Repousser les convulsions épileptiques de l’étourdissant ballet des  sens, tenter d’organiser mes perceptions. Les significations m’échappent, le fil de ma pensée ne se perd pas, ne se casse pas, je m’étrangle avec. Je cherche à mettre des mots mais je ne pense qu’en instinct. En ressenti. En animale, je réfléchis en pulsions, impulsions et en réaction.

 

Respirer.

 

Malgré le séisme thoracique. Les côtes qui menacent de s’effondrer. Le sternum qui s’effrite déjà. Tiens là-dedans, c’est comme les murs, ça rapetisse, ça rétrécit, ça passe pas, l’air stagne sur mes lèvres.  Je cherche mon souffle, mais ça vient pas, c’est peut-être la bouche qui ouvre pu, ou ben les mouches qui se jettent dans mes bronches, ou les dents qui coincent, qui me noient, m’étouffent, me remplissent, enfin, je ne sais plus ce qui m’asphyxie. Rien à faire, le cou se creuse à aspirer du vide. Et ça tremble, ça gronde, ça tonne là-dedans, c’est le coeur qui s’emballe et qui remonte dans ma gorge et ça bloque et tout se serre pour que ça redescende. Inspire. Expire. Fuck it , ça va trop vite.

 

Revenir.

Finalement. Ça commence par les mouches qui s’éloignent,et elles emmènent leur bourdonnement avec elles. Et puis la bouche se déverouille. L’air rentre, c’est frais, ça chasse le bleu des joues et j’expire. Mon souffle repousse les murs et je peux les longer sans danger. Les lames sont retournées se cacher sous le plâtre. Inspire. Expire. Ça tonne de moins en moins en moins en moins fort. Et je ne suis pas morte, pas cette fois, pas encore. Calme, tranquille d’une survie à l’autre.

Petite voix (ébauche)

La petite voix

Maligne

La petite voix sourde

Qui ne sait plus se taire

Mais qui me fait taire

Et qui enterre

Tous mes sourires

 

La petite voix

Qui résonne

Sans raison

Pas  raisonnable

Qui parle par-dessus

Le gros bon sens

 

La petite voix…

 

Sortie tout droit

D’un coin d’enfance

Mal éclairé

Le petit racoin

De pénitence

 

La petite voix

Qui me rapetisse

De son discours

Qui me donne toujours

À en découdre

Avec l’espoir

 

Ma petite voix schizophrène

D’acouphène de malheur

Malgré les bouchons

Que j’insère dans mon âme

Profondément, en espérant

Creuser jusqu’au silence…

 

La petite voix survit toujours

Ses deux p’tits mots écrits à l’encre

Dans mon coeur et ma mémoire

Indélavable, indécrottable:

 »Jamais assez »

Gabrielle Tremblay #prose

Vitrine sur mes oeuvres, prose éclectique, douceurs et brutalités. Contient des éléments qui pourraient ne pas convenir à tout le monde.

le bout du nez

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